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Which Side Story


Public : Tout public

Thème scientifique : Origine et Evolution du vivant

Forme artistique : Dance

Durée :

Pour Sapiens, courir pour abattre ou pour fuir un animal, c’est chasser ; courir pour trouver l’état de la course, c’est danser…

Chorégraphie et conception artistique : Michel Hallet Eghayan
Recherche et conception scientifique : Pascal Picq
Musiques : Jean-Chritophe Désert et Gilles Colliard
Chants : Choeurs et Solistes de Lyon
- Bernard Tétu
Costumes et accessoires : Carole Boissonet
Peintures et décors : L’ours Blond

Lumières : Xavier Ferreira et Eric Lombral
Danseurs : Betty Chetelat, Harry Albert, Adeline Lefièvre, Bruno Miachon, Marina Morel, Jean-Marc Thill

East Side Story est une création originale du paléontologue Pascal Picq et du chorégraphe Michel Hallet Eghayan. Ce projet a pour objet de restituer par l’expression corporelle et la danse l’évolution des bipédies humaines et la libération du corps.
"Which Side Story" est la première oeuvre de la trilogie scientifique et artistique qui traite des origines, de l’histoire et de l’avenir de l’homme : "Arborescence", trilogie qui s’étendra jusqu’en 2007.

Note du paléoanthropologue

Si l’homme ne descend pas du ciel, sa bipédie vient des arbres. Comment reconstituer les premiers pas des origines incertaines des bipédies que l’on retrouve chez les grands singes actuels comme dans la confusion de tous les ancêtres fossiles sortis des sédiments d’Afrique, terre des premiers piétinements de notre lignée ? Tout à commencé à quatre pattes, depuis le sol vers les arbres pour des ancêtres des singes. Puis viennent les grands singes, trop corpulents pour se déplacer sur les branches. Alors ils se suspendent et découvrent la verticalité au bout de leurs grands bras. Ils se déplacent de diverses façons, parfois sur les deux pieds sur de grosses branches, parfois en s’aventurant au sol. Car les aptitudes à la bipédie appartiennent à la souplesse du répertoire locomoteur de ces grands singes ancestraux. Les bipédies ne sont pas apparues parce qu’il fallait être bipède, mais comme cela, tout simplement, sorte de coquetterie locomotrice. Puis elles évoluent selon divers chemins de l’évolution qui traversent les forêts et les savanes. L’un de ces chemins aboutit à la bipédie de l’homme actuel, capable des chorégraphies les plus inattendues.
On peu concevoir un spectacle qui s’appuie sur l’expression corporelle pour suivre toutes les étapes – du sol vers les arbres à quatre pattes et du passage sous la branche au sol sur deux pieds. Puis arrivent toutes ces bipédies aux rythmes différents, aux allures diverses. Pour les rythmes, on sait que les animaux quadrupèdes ont une allure à quatre temps pour le pas, une à deux temps pour le trot et une à trois temps pour le galop. Les chimpanzés semblent avoir perdu le pas à quatre temps. Quant aux hommes, ils n’ont que deux allures, le pas et le trot, toutes les deux à deux temps. Simplification des allures et des rythmes, mais de concert avec une bipédie très performante et d’une incroyable endurance. Puis les hommes se sont mis à chanter, à créer des sons et à danser.

Pascal Picq

Note du chorégraphe

Pour Sapiens, courir pour abattre ou pour fuir un animal, c’est chasser ; courir pour trouver l’état de la course, c’est danser ; nous le savons tous. Ainsi pour lui le geste utilitaire et le geste symbolique sont le même. Ce qui les différence c’est la conscience qu’il en a. Mais en fut-il de même pour tous les hominidés, et la quête symbolique de Sapiens fut-elle préparée par ses prédécesseurs, comme le furent les bipédies au cours de l’évolution de notre famille ? Aujourd’hui peut–on répondre oui, peut-on répondre non ?
La réponse est cachée. Elle est enfouie dans notre corps, dans sa mémoire. Peut-on la retrouver au travers de la danse, au sein des connaissances sur ce que furent l’évolution de l’anatomie et des bipédies, sur ce que furent les besoins, les aspirations et les danses de nos prédécesseurs, sur ce que furent les solutions toujours précaires qu’ils mirent en forme pendant des millions d’années pour atteindre l’émotion sublime de leurs joies immenses et de leurs terribles peurs  ?
La réponse est cachée. Elle nous attend au cœur de nos intuitions dans la mesure où l’on ose en écarter les préjugés acquis, les idées ancrées qui pavent l’histoire de nos questionnements éternels.
Pour nous la seule façon d’oser une réponse c’est de n’en formuler aucune et de nous effacer devant le foisonnement des possibles, ce patrimoine gestuel qui recouvre ce que les scientifiques appellent les contraintes ancestrales, c’est redéployer le jeu des variations. Et pour nous la seule façon de vivre l’arbre des possibles c’est de laisser les danseurs se fondre dans l’état des corps et l’état des cœurs de nos lointains ancêtres.
Seule la danse peut savoir puisqu’elle écrit pour le vent.

Michel Hallet Eghayan

Dernière mise à jour le 22 février 2012